Lundi 19 octobre 2009
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19:01
J'ai eu le sentiment que je la dérangeais. Elle me demanda ce que je voulais. J'ai dit : " T'embrasser ".Elle m' a
tendu les lèvres comme elle m'aurait passé un briquet. Quand je suis ressorti, j'avais sur la langue le goût de son rouge.
dans Tous les matins je me lève.
Lundi 19 octobre 2009
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18:43
Dans quelques instants, j'allumerais les veilleuses et les cadrans éclaireraient le visage de ma passagère. Ils lui
feraient un maquillage de brume et le reflet des aiguilles danserait au fond de ses yeux. Par moments, je lui caressais l'épaule. Le soleil avait plongé dans l'eau et le ciel devenait rose comme de
la pâte d'amande. L'océan avait les lèvres blanches. J'ai dit à Anna : "on roule dans une étoile filante." Elle m'a regardé comme on considère un enfant, j'ai vu sa bouche s'entrouvrir et se poser
doucement sur la mienne.
dans Tous les matins je me lève.
Vendredi 9 octobre 2009
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17:14
Vous n'avez rien vu venir et vous ne l'aimez plus. Vous demandez à vérifier. Il s'agit d'être sûr. Mais vous doutez.
En fait, vous l'aimez et ne l'aimez pas à la fois. Il faudrait vous décider, ça devient agaçant. Vous l'aimez, pensez-vous mais vous ne supportez pas qu'il traverse le salon en peignoir. Quand il
s'installe devant la télévision dans cette tenue, les cheveux encore mouillés, plaqués en arrière. Lui, sans doute vous l'aimez, mais c'est la même scène répètée chaque jour qui vous indispose.
Il ne s'agit pas de tout mélanger. ce qui est sûr, c'est que vous éprouvez de la tendresse pour lui. C'est ce qu'on dit, parait-il, quand on aime plus. Plus on éprouve de la tendresse et moins on
aime alors? Mais qui peut dire la différence entre les deux? La tendresse, c'est quand on n'a pas de désir. On se caresse la joue avant de s'endormir. C 'est Pimprenelle et Nicolas.
Dans L'amour est très surestimé.
Vendredi 18 janvier 2008
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16:29
L'angoisse est pourtant le signe initial de l'amour, comme elle en signe aussi la fin, c'est même une chose étrange, cette symétrie : l'amour commence comme il
finira, il finit comme il a commencé, par cet effroi qui serre le coeur autour d'un vide, cet appel à l'aide, ce mouvement d'accordéon intime qui inspire et expire, diastole et systole,
chaud-froid, pompe affolée.
dans Ni toi ni moi.
Vendredi 18 janvier 2008
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16:25
L'amour commence comme on vient au monde, c'est âpre, ça rape et ça fait mal, l'air déchire et manque à la fois, on voudrait crier au secours, on est faible et nu,
à découvert, on a peur, on est innocent : on naît la mort dans l'âme.
dans Ni toi ni moi.
Vendredi 18 janvier 2008
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15:04
- Ce n'est jamais la première fois : dans les battements du coeur en alerte, on n'est pas de la dernière averse, on sait comment il vient, on se souvient de
ce qu'il devient, on connaît l'avenir aussi . L'angoisse d'amour est comme la science infuse d'une promesse non tenue, le serrement de coeur est la mémoire convulsive d'un serment
trahi. Il y eut une fois jurée qu'un instant de clarté a cruellement abjurée sans en détruire la mémoire.
dans Ni toi, ni moi.
Vendredi 18 janvier 2008
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14:43
Tomber amoureux, c'est naître en se souvenant d'être né, aucune naissance n'est naîve, c'est vieux comme le monde. Quelque chose se rejoue, qui fait trembler, on a
déjà marché dans cette jungle, aux aguêts, menacé, mais quand, mais où, la peur ne dit pas tout, la peur a ses secrets - on enrage, on s'émeut, on perd courage : on n'a pas demandé à naître.
dans Ni toi ni moi.
Mercredi 9 janvier 2008
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12:36
Sa mort nous sépare. Ma mort ne nous réunira pas. C'est ainsi : il est déjà beau que nos vies aient pu si longtemps s'accorder.
dans La cérémonie des adieux.
Mercredi 2 janvier 2008
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11:22
Je vous abandonne parce que je ne songe plus à vos seins dans mes rêves. J'ai vu d'autres visages. Nos coeurs sont des affamés. Notre esprit ne connaît pas le
repos. La vie est belle à proportion qu'elle est féroce, comme nos proies.
dans Tous les matins du monde.
Mercredi 2 janvier 2008
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11:18
J'ai voulu lui parler et ma voix s'est perdue. Immobile, saisi d'un long étonnement, de son image en vain j'ai voulu me distraire. Trop présente à mes yeux, je
croyais lui parler, j'aimais jusqu'à ces pleurs que je faisais couler.
dans Tous les matins du monde.