Jeudi 25 février 2010
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15:51
Depuis qu'il vivait sans sa fille et sa femme, Samuel avait coutume d'entrer en lui-même et d'y demeurer. Il n'en sortait que très rarement. Son intérieur était pratiquement vide de tout, à
l'exception d'un petit tiroir à mémoire où il avait, une fois pour toutes, rangé l'essentiel. Le temps était pour lui inconsistant, et il le perdait avec la résignation calme de ceux qui
savent qu'il leur est compté. Pour le reste, de la patience, un mauvais sommeil et quelques plafonds faisaient l'affaire.
Dans Maria est morte.
Mardi 2 février 2010
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17:42
Il voyait le monde avec une surface glissante ; il se tenait sur l'écorce des choses avec l'attitude d'un homme
éprouvant la résistance de la glace nouvellement formée, la tête penchée pour guetter le craquement annonciateur, le dos courbé pour peser moins lourd.
Mardi 2 février 2010
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17:39
Je souhaiterais que cet avion ne se pose jamais, qu'il demeure en l'air toute la vie et maintienne ainsi en suspens
mes ennuis.
Dans La vie me fait peur.
Lundi 4 janvier 2010
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12:25
Tout le malheur des hommes vient de l'espérance.
Dimanche 20 décembre 2009
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17:24
On reste dieu merci à la merci d'un conifère
(...)
Le soleil est assis du mauvais côté de la mer
Quelle aventure quelle aventure
(...)
On flaire on flaire
On flaire,la flamme, singulière
On gagne, on perd
On perd la gagne,
la Superbe
(...)
Le soleil s'enfuit comme soudain un savon qui glisse
Quelle aventure quelle aventure...
extrait de la chanson La superbe.
Dimanche 13 décembre 2009
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10:34
La nuit, mes dents ne crissent plus et je me suis, momentanément, débarrassé de toutes ces questions qui me
privaient de paix. Je sais qu’elles reviendront, tôt ou tard, que jamais elles ne lâchent leur proie. Le moment venu, j’espère avoir seulement la
force et le courage de mutiler mes mains pour m’arracher encore à ces ronciers intimes.
Dans Si ce livre pouvait me rapprocher de toi.
Mardi 8 décembre 2009
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10:02
Quand je pense à Mathieu et Thomas, je vois deux petits oiseaux ébouriffés. Pas des aigles, ni des paons, des oiseaux modestes, des moineaux.
De leurs manteaux bleu marine courts sortaient des petites cannes de serins. Je me
souviens aussi, quand on les lavait, de leur peau transparente et mauve, celle des oisillons avant que les plumes pousent, de leur bréchet proéminent, de leur torse plein de côtes. Leur cervelle
aussi était d'oiseau.
Il ne leur manquait que les ailes.
Dommage.
Ils auraient pu quitter un monde qui n'était pas fait pour eux.
Ils se seraient tirés très vite, à tire-d'aile.
dans Où on va, papa.
Jeudi 19 novembre 2009
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18:52
Je serai un grand comédien. Ma vie serait extraordinaire. Le vent me portait, j’allais loin. J’irai très loin.
Les betteraves acquiesçaient. Ivre de vent, je faisais à nouveau siffler les serpents. J’entendais les
applaudissements, les bis… Sur ma petite tête pleine de picots, le ciel était immense. Poussés par le vent les nuages faisaient du cent à l’heure.
Le vent n’était pas seulement dehors, il était aussi à l’intérieur de ma tête.
Dans J’irai pas en enfer.
Vendredi 18 janvier 2008
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14:48
" La nuit, qui par le cri de sa mère un soir
de septembre s'empara de son enfance,
s'engouffrant dans son coeur avec un goût
de cendres, et de sel et de sang, ne le
quitta jamais plus, traversant sa vie
d'âge en âge, - et déclinant son nom
au rebours de l'histoire. "
dans le Livre des nuits.
Mardi 8 janvier 2008
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15:11
Qu'est-ce-que donc qui me lie à mon frère, au point que je ne puisse aller sans lui ? Nous n étions pas des jumeaux, nous étions même incapables de vivre
entre les mêmes murs ! Qu'est-ce-que donc ces brûlures aux yeux dès le matin ? Les prunelles fixes et incandescentes, c'était lui ! qu'est-ce-que donc ces absences à la vie qui va ? La déraison, la
dépendance, la grandeur des rêves, l'impossible frottement à l'existence, c'était lui !
dans C'était mon frère, Théo et Vincent Van Gogh.