Mardi 8 décembre 2009
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Comme on contemple une pièce qui se reflète dans un miroir sorcière, et qui devient un tableau de n’ être plus
ouverte sur autre chose mais de suggérer tout un monde sans ailleurs, inscrit strictement entre les bords de la glace et isolé de la vie alentour, le repas de l’autre est enfermé dans le cadre de
notre contemplation et exempté de la ligne de fuite infinie de nos souvenirs ou de nos projets. J’aurais aimé vivre cette vie-là, celle que le miroir ou l’assiette de Jacques me suggéraient, une
vie sans perspectives par où s’évanouisse la possibilité qu’elle devienne une œuvre d’art, une vie sans alentours ni horizon : ici et maintenant, c’est beau, c’est plein, c’est
clos.
Dans Une gourmandise.