Unis, vert

Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /2009 17:56

Le Paradis en ce monde se trouve sur le dos des chevaux, dans le fouillement des livres ou entre les deux seins d'une femme
.





Cité dans l'article de Jérome Garcin, sur le site Bibliobs.
- Publié dans : Unis, vert
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /2009 11:20
 
Bien que je tienne pour démontré qu'on ne peut prouver qu'il y a une pensée chez les bêtes, je ne crois pas cependant qu'on puisse démontrer qu'il n'y en a pas, parce que l'esprit humain ne pénètre pas leur coeur.
- Publié dans : Unis, vert
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /2009 15:52

Je regardais sa cambrure animale, les mouvements de son cou. Et la douleur du désir me faisait mal.

J’aurais aimé moi-même être à demi cheval pour mieux l’approcher, la flairer, entrer profondément dans ses toisons plus sombres, les sueurs de sa robe, les replis de sa chair, oui, la sentir du dedans avec cette puissance et cette subtilité olfactives dont sont dotés les chevaux. Ils n’ignorent rien des émotions de leur cavalière, des désirs, des colères qu’elle couve et qu’ils déchiffrent dans une langue d’odeurs. J’enviais ce Verbe sauvage qui montait d’un corps plus fondamental, primitif, envoûtant. Corps d’une impitoyable impudeur, oui, obscène.





Dans La main blessée.
- Publié dans : Unis, vert
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 31 octobre 2009 6 31 /10 /2009 09:22



Dernier galop dans la plaine arasée de l’été déjà finissant. Dernière cueillette de mûres, et l’Eaubac gourmand qui s’arrête le long des haies épineuses et incline sa tête curieuse vers ma main gorgée de juteuses douceurs. Dernière plongée dans les sous-bois où je serre si fort et embrasse son encolure de velours pour éviter les branches basses et le laisser m’emmener, comme un fils donne la main à son père. Dernier trotting sur les petites routes, et je ferme les yeux, et je ne vois qu’avec mon corps en lévitation, et j’oublie tout, bercé par le rythme cadencé des fers sur le macadam tiède. Dernière promenade amoureuse, animale, végétale, sous un ciel d’accompagnement, dans une lumière d’autrefois qui lentement décline. 




dans Journal équestre.

- Publié dans : Unis, vert
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 31 octobre 2009 6 31 /10 /2009 09:17

Treize ans plus tard, ce qui restait de ma propre jeunesse s’enfuyait, dans mon dos, au galop. C’est étrange d’entendre au loin caracoler une part de soi qu’on n’a pas su retenir et de savoir que disparaissent à jamais, derrière une barrière de vieux arbres, les secrets, les  confidences, les poèmes, les illusions perdues, les vertes espérances, dont nos chevaux en allés sont les gardiens respectueux et attendris.

 

Dans  Journal équestre.  

- Publié dans : Unis, vert
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /2009 18:26

Je vois parfois dans le regard d'un cheval la beauté inhumaine d'un monde d'avant le passage des hommes.
- Publié dans : Unis, vert
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 15 avril 2008 2 15 /04 /2008 12:39


Une sombre forêt d'épicéas obscurcissait les deux rives du cours d'eau pris par les glaces. Un coup de vent récent avait dépouillé les arbres de leur blanche couverture de givre et, dans la lumière déclinante, ils semblaient se courber les uns vers les autres, noirs et menaçants. Un grand silence régnait sur la terre et cette terre était désolée, sans vie, sans mouvement, si vide et si froide qu'elle n'exprimait même pas la tristesse.
Quelque chose en elle suggérait le rire, mais un rire plus terrible que toute tristesse- un rire morne comme le sourire d'un sphinx, un rire froid comme le gel et d'une incommunicable de l'éternité qui riait de la futilité de la vie et de l'effort de vivre. C'était la forêt sauvage, la forêt gelée du Grand Nord.

dans Croc Blanc
.   
- Publié dans : Unis, vert
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 15 avril 2008 2 15 /04 /2008 12:25



Le dernier souvenir triste flotte autour de moi et parfois me recouvre comme de la brume, effaçant la lumière du soleil et jetant un froid sur l'évocation des temps heureux. Il y a eu des joies trop profondes pour être décrites avec des mots, et des douleurs que je n'ai pas osé regarder en face. C'est en pensant à elles que je dis : grimpez, si vous le voulez, mais souvenez-vous que le courage et la force ne sont rien sans la prudence et qu'une négligence momentanée peut détruire le bonheur d'une vie. Ne faites rien à la hâte. Portez votre attention à chaque pas. Et dès le départ, pensez à ce que peut être la fin.


dans Escalades dans les Alpes.

- Publié dans : Unis, vert
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 29 décembre 2007 6 29 /12 /2007 15:22

Qui sait le séisme?

Qui sait la vraie peur ?

Qui sait le désarroi ?

Qui sait ma terre fragilisée ?

Ce séisme forme déjà l'exil et la différence. Il traverse le corps et impose une scission.  Il dénature et fonde une autre origine. Il modifie les naissances. Il est immédiat et profond. Je deviens une autre. Je viens de la terre qui tremble.
Ma solitude est un puits. Qui racontera, le magnétisme et la force, la chaleur  et l'eau, le sable et la ville, mon attachement et ma force ?


dans Le jour du séisme.



 
- Publié dans : Unis, vert
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 17 octobre 2007 3 17 /10 /2007 12:00



Je me promène dans les champs déserts, les canyons, les bois, mais de préférence près d’un torrent ou d’une rivière, car depuis l’enfance j’aime leur bruit. L’eau vive est à jamais au temps présent, un état que nous évitons assez douloureusement
.


dans En marge,mémoires.
- Publié dans : Unis, vert
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés